Interview du 05 Mars 2021 par l’agence litteraire Ônoan

💫 Tout écrivain est un auteur mais tout auteur n’est pas écrivain. 💫

SAMBA SAPHIR

O: Bonjour, Samba Saphir ! Avant de commencer, nous vous présentons nos sincères condoléances. Puisse l’âme de votre papa reposer en paix.

💫 Merci à toute l’équipe d’ONOAN pour ses compassion et sollicitude.

O: Pouvez-vous vous présenter à nos abonnés ?

💫 Je suis SAMBA Saphir, artiste écrivaine, auteure camerounaise ayant plusieurs casquettes dont celles de pigiste et scénariste.

O: En quelques années votre bibliographie s’est enrichie de 16 livres, une chose extraordinaire et on se demande si vous n’avez jamais eu affaire à la fameuse page blanche.

💫 Malgré ma biographie, comme tout auteur, je suis sujette au syndrome de la page blanche.
Au cours des années antérieures, des paramètres relatifs à l’écriture ont fortement varié et impacté ma muse : la pertinence des thèmes, le style et la fréquence.
Passées la fougue du début et la découverte, ayant exploré plusieurs genres littéraires et développé des thèmes intemporels, actuels et passés, la maturité et le temps ont fortement influé sur la qualité de la plume et quantité des tapuscrits. Aujourd’hui, mes combats sont plus sélectifs et ma plume, plus incisive ; marquer l’humanité et laisser un héritage, devient une profession de foi.
Les ombres se plaisent à nous hanter, murmurer au creux de nos oreilles durant des jours, semaines voire des années, avant que lumière ne soit dans notre désordre ordonné.

La page blanche peut revêtir diverses formes, être un mal nécessaire, et toujours inciter la plume à mûrir. Désireuse d’évoluer, performer et me réinventer, SAMBA Saphir, l’artiste d’aujourd’hui ne saurait être celle d’hier ; mes prochaines œuvres en seront une illustration parfaite.

O: La haine, l’amour, la guerre, les relations interreligieuses, pour ne citer que ces thèmes, sont ceux que vous développez dans vos livres. Avez-vous le sentiment que vos écrits impactent les habitudes et attitudes de la communauté ?

💫 Mes écrits portent en général sur l’amour, qui est un puits sans fond, et ses variantes.

Amoureuse de l’humain, écrire est une catharsis. Outre l’aspect ludique, mes écrits, ode à l’amour, ont pour objectif de sensibiliser, cultiver, créer des débats de société, favoriser l’évolution de l’Homme et inciter la société à remettre l’Homme au centre de toutes les considérations. Pour ce faire, l’accent est mis sur les transmission des messages et capacité du lecteur à rentrer dans la peau du personnage, afin de vivre ses émotions, mieux le comprendre et réagir.

Trois de mes œuvres, illustreront mes propos, dans les lignes suivantes :
La première œuvre, ET SI... , est le résultat d’un travail rigoureux, une collaboration avec un virologue, des laborantins, infirmières et autres membres du corps médical. Donner des informations vraies et apporter des pistes de solution, a été mon leitmotiv.
Présentée comme la maladie du siècle et la stigmatisation des malades, une réalité, ce couple séro-discordant en devenir, en plus d’apporter des réponses aux questions muettes des malades et familles, a apporté l’espoir et redonné un souffle nouveau voire favorisé la création des couples de ce type.
Après publication aux « Editions Facebook », ma page chronicale est devenue une plate-forme d’échange où de nouveaux malades ou non, pouvaient s’ouvrir, exprimer leurs craintes et rêves brisés. Après envoi gratuit du tapuscrit, les malades revenaient vers moi après lecture pour un échange profond, suivi d’un entretien avec un psychologue ou un médecin.
J’ai ainsi pu mettre en contact, des malades, familles de malades avec des couples séro-discordants ; leur permettant de s’imprégner de cette réalité et mieux la vivre. Des personnes croyant avoir tout perdu ont pu « renaitre » et des couples sero-discordants, se former.

La deuxième œuvre, D’AMOUR OU D’ESPOIR , fait état d’une femme victime de toutes les formes de violences ; une femme ayant fait de l’omerta, silence et préjugés, sous le regard « bienveillant » de la société, son manteau.
Ce roman par des retours, a permis à des femmes de prendre conscience de leur réalité, cette laideur, cet engrenage, d’entamer un processus de libération et guérison. J’ai tenu à encadrer ces braves dames et mis à leur disposition, des avocats et médecins de mon lectorat ou non.

La troisième œuvre, DU FEU POUR LES HONNEURS, dont la scénographie est située au Rwanda, avant, pendant et après le génocide, met en scène, un musulman Hutu et une chrétienne Tutsi. Primordial, était-il de faire évoluer leur psychologie au cours de la trilogie, raison pour laquelle dans le premier volet, la moyenne d’âge est de 16 ans.
Je tenais à rappeler, à tous, nos responsabilités et remettre à l’histoire, le rôle de la femme dans l’évolution de ce pays et, surtout, prévenir. J’estime que les thèmes traités sont intemporels, car suffit-il de changer l’année, les noms de pays et tribus, pour avoir la même configuration dans les pays africains.
Ce roman naît d’un vœu émis par une rwandaise ayant assisté à l’assassinat des mâles de sa famille alors qu’elle avait 8 ans ; ce roman, à mon humble avis, est un héritage et garde-fou pour l’humanité. Sur la page, des débats ont été houleux, des communautés se sont prononcées et des couples « modernes » ont témoigné, faisant état des contraintes et avantages de ce type d’union, afin d’aider ceux devant faire des choix cornéliens.

O: Quelle importance accordez-vous à la critique ?

💫 La critique est un mal nécessaire ayant pour objectif ou finalité, d’aider l’auteur à s’améliorer. Seulement, elle devrait toujours être accompagnée de la méthode et être force de propositions.
Malheureusement, certains « professionnels » de la littérature, s’arrogent le droit de détruire les efforts des auteurs pour des raisons telles que recherche de visibilité et pédantisme, oubliant que nous sommes tous, à divers ordres, des professionnels de la critique.
Heureusement que d’autres se posent des questions ultimes : importance sociologique ? importance anthropologique ? portée scolaire ? portée universitaire et autres. La phase suivante serait logiquement, à mon humble avis, relever les points négatifs en explicitant. Toujours penser à laisser la possibilité à l’auteur de s’exprimer ; de nos divergences d’opinions, peut naitre la lumière.
J’incite les critiques littéraires, je nous incite tous à plus de pudeur, retenue et objectivité. Inadmissible est-il de juger une trilogie après lecture d’un tome.

Je ne lis pas toutes les critiques mais tire toujours du positif de celles parcourues. Je profite de l’occasion qui m’ait donnée pour remercier mes lecteurs de la première heure, car leurs critiques ont souvent été dures, acerbes, toujours détaillées et accompagnées de suggestions.
Merci à tous ceux qui me font l’honneur de me suivre, lire mes écrits et critiquer, car ma plume, murit avec vous. En général, merci à ces critiques littéraires ayant à cœur d’aider les auteurs et la société.

O: Vous êtes présidente de l’association La flamme de l’espoir, quels sont les objectifs et les réalisations de cette association à nos jours ?

💫 La Flamme de l’Espoir, association à but non lucratif, a pour objectif d’aider les plus fragiles tels les femmes, enfants, enfants-mères et orphelins, en plus de favoriser les échanges régionaux, nationaux et internationaux de tout ordre, afin de dynamiser le tissu social et veiller à l’épanouissement des concernés.
De 2015, date de la création de l’association, à nos jours, les réalisations sont les suivantes :
Elaboration annuelle de l’arbre de noël pour l’orphelinat que je parraine ; chaque enfant bénéficiant d’un repas chaud et d’un cadeau.
Paiement des frais relatifs aux examens médicaux des pensionnaires de l’orphelinat.
Paiement des frais d’examens pour les pensionnaires externes ou internes, scolarisés ; l’intégration de ces pupilles de l’état, nos enfants, passe forcément par la scolarisation et/ou des formations.
Assistance juridique et médicale, à titre gracieux, des pensionnaires de l’orphelinat par la mise en relation avec des professionnels de ces domaines.
Assistance financière de l’orphelinat par des crowdfundings, vide-greniers humanitaires, dérivés de l’opération annuelle « 1 GESTE = 1 SOURIRE ».
Cette année, nous visons une approche plus « agressive » par l’activation de mécanismes tels, la création d’un site internet disponible à la fin du mois de mars, des campagnes de parrainage des orphelins et signature de partenariats avec des institutions camerounaises et internationales, prélude au calendrier des activités de 2022.

O: Que dire ? Juste bon vent à cette association. Vos livres sont vendus sur Amazon. Y a-t-il un autre moyen de se les procurer ?

💫 Mes livres sont disponibles, pour ceux résidant en Occident et dans les Dom-Tom, sur Amazon. En Afrique, ils sont distribués par « Cameroun Livres » qui livre pour l’instant, sur toute l’étendue du territoire camerounais, à la maison, au bureau et partout ailleurs, pour une modique somme.
Je tiens à rappeler à tous que j’ai pour habitude recevoir des mandats, commander les livres, les dédicacer et renvoyer partout dans le monde.
Mes livres sont disponibles en version Broché et Numérique, quel qu’en soit le continent.

O: Quel est votre avis sur le livre produit (écrit et édité) en Afrique ?

💫 L’accès au livre, est et reste la pierre d’achoppement de toute industrie livresque, en Afrique et dans le monde. Le livre est encore un luxe en Afrique, et la connaissance, véhiculée sous cette forme, s’en trouve freinée.
La cherté du livre, résultat de l’intervention de tous les professionnels du livre, décourage et rebute de potentiels auteurs. Dans ces conditions, il serait idoine que tous les acteurs du livre se concertent, trouvent voies et moyens permettant de satisfaire leur unique client : le lecteur ; l’Etat serait un allié de poids.
La technologie a favorisé l’émergence des « Editions Facebook », découvrant un vivier d’auteurs en herbe et talentueux auteurs africains ; encouragement rimerait, le cas échéant, avec encadrement.
Aujourd’hui, la jeunesse africaine, fer de lance de nos nations, consciente de ses capacités et potentialités, a soif d’apprendre, s’ouvrir au monde et performer.
Comment y arriver malgré la conjoncture actuelle, tel est le défi à relever pour tout auteur africain.

O: Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes plumes africaines ?

💫 Tout écrivain est un auteur mais tout auteur n’est pas écrivain. Malgré la liberté qui s’est invitée dans la littérature, il y a des bases à respecter afin de garantir une lecture apaisée, quel qu’en soit le genre.
Pour ce faire, tout potentiel auteur, devrait régulièrement lire, savoir se taire, écouter, ressentir, rentrer dans la peau des affligés, toucher le fond, se noyer dans leur douleur, trouver la force de s’en remettre et, enfin, s’humilier en écrivant afin d’espérer toucher les cimes.
L’on peut s’inspirer des ainés mais garder son style, imposer sa griffe parce que là, réside notre identité. Respecter les bases mais ne jamais céder sa liberté afin de se conformer aux exigences et/ou codes, d’un cercle littéraire ou gagner des prix.
Quel écrivain souhaite-t-on être ?
Celui qui écrit en attente aux réponses de la société, faisant fi de son ressenti ; celui qui écrit selon les caprices de la société ;
celui qui apporte sa pierre à l’édifice en écrivant selon ère ; celui qui se veut intemporel voire éternel ?

O: Votre dernier mot ?

💫 Merci à la formidable et dynamique équipe d’Ônoan pour l’occasion offerte, celle de communiquer avec son lectorat. Merci pour la culture.
Merci à mon lectorat de la première heure et celui qui n’a de cesse de me faire confiance et suivre. Comme la plume, l’auteure et la femme ont mûri avec vous.
Merci à ceux qui continuent à porter les écrits de l’être simple et complexe, que je suis.
Merci d’être là et d’être vous.

Mes contacts :
Téléphone : + 33 7 81 17 56 60
@ : sambasaphir2019@hotmail.com
Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter : Samba Saphir
Wattpad : labigsaphir
Seront disponibles le 21 mars 2020, les web sites de SAMBA Saphir et « La Flamme de l’Espoir » ; les annonces seront faites dans les réseaux sociaux, une semaine à l’avance.

O: Samba Saphir, l’équipe ÔNOAN vous remercie.

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