
D’emblée, je suis séduite par l’oraison funèbre et l’hommage rendu au regretté TSALA. Dans ce geste, en plus de l’ultime marque de respect envers un ami et collègue, j’y vois le respect envers le défunt, cette volonté manifeste de marquer son passage sur terre…Great !
- Les costumes d’apparat, les danses mortuaires et la joie véhiculée, célèbrent les défunts. Le rituel et l’incinération des vêtements du défunt, marquent la fin de la période de deuil et le début d’une nouvelle vie. A cet instant, je pense à l’Insani et au rite « Koua’Ekwan ».
Le vaisseau accueillant les corps des défunts, symbolisant « la case des ancêtres », a été accueillie avec joie ; je pense à cet instant, à une analogie avec la case des ancêtres (illustration, les peuples de l’Ouest-Cameroun). L’on comprend que l’Afrique est un florilège de plusieurs sociétés en symbiose, avec une base identique : culture, us et traditions.
L’on embraie de suite avec une réunion au sommet avec des sanctions à l’encontre du peuple wakandais qui ne souhaite pas partager le vibranium, cette manne tombée du ciel.
Avec étonnement, j’apprends que le vibranium ayant plusieurs propriétés dont défensive, appartient à la planète terre et que le wakanda, ce petit pays de noirs, devrait obligatoirement partager. Quid des armes nucléaires que seules les grandes puissances ont le droit d’avoir ?
L’on se rend compte que sous le couvert du respect des droits de l’Homme et de l’aide aux pays pauvres, l’on se rend compte que le neo-colonialisme, prolongement du colonialisme et racisme, est, reste et sera toujours d’actualité.
En pleine sommet, la reine wakandaise porte-parole de son peuple, se lève, évoque sa déception et les manipulations y afférentes. L’on apprend que le wakanda subit des attaques des pays occidentaux. La caméra balaie la salle et s’arrête devant le représentant d’un pays….La France ! J’ai éclaté de rire. Subtilement, le fauteur de trouble en Afrique est identifié par tous et nommé par les américains et africains. J’ai apprécié les courage et culot.
Du point de vue culturel, J’ai apprécié les nombreux clins d’œil et bribes en rapport à la mythologie africaine et celle des DOM-TOM.
- La symbolique auréolant le rite mortuaire, les ancêtres et la couleur immaculée, flattent mon âme.
Les maximes, allégories, négation et idées préconçues se rapportant à l’Africain sub-saharien ou non et ses descendants, visant à prouver que la couleur noire, synonyme de décrépitude morale et incapacité à s’assumer, sont remplacés. Il y a là, une volonté manifeste à se libérer des chaines du passé, se pardonner et sereinement regarder l’avenir.
Cette Afrique, avide de connaissances, accueillante, curieuse mais agonisante, se vêt du manteau de l’immaculé oubliant que du temps de nos aïeux, il était déjà notre.
- La place, l’importance et le rôle de la femme dans la société et la préservation de la culture.
A travers un échange au bord de l’eau, la reine procède à la transmission de l’information et des valeurs culturelles du peuple wakandais. Cette séquence symbolise la relation mère-fille, terreau des sororités, est devient et reste un rêve inaccessible pour de nombreuses sociétés africaines ; le déracinement et la perte de l’information malgré le formats et canaux de transmission, à l’état de vestiges, sont des limites et synonymes de négationnisme relatif à l’africain.
Le sang de TSALA, dernier prince wakandais connu, nourrissant encore la terre, attire les hyènes. Le roi est tombé ! Le roi n’est plus ! Le royaume au mains des femmes, la reine et la princesse, sexe faible et êtres très émotives, ne sauraient prendre les rênes…Ici la place de la femme à la croisée des chemins, son importance et capacités de leader, sont interrogées.
L’avenir de la planète, dépend d’une petite nation conduite par des femmes. Sont-elles des Amazones ? Relèveront-elles le défi ?
J’ai admiré les capacités de résilience des deux femmes. La reine, malgré le danger imminent a fait le choix de sauver une vie au détriment de la sienne. Elle a su s’humilier, sa rabaisser devant Namor pour mieux se relever, s’effacer et laisser les rênes à sa fille. Elle part, sachant que le plus important est fait : les valeurs inculquées et la transmission des valeurs en plus de la rigueur, critères de tout Homme intègre.

- Avec ravissement, les bribes de la mythologie africaines apparaissent même si « pollués » par la mythologie grecque.
J’aurais souhaité que le rapport à la mythologie africaine soit total, peut-être devrions nous voir des effets de la mondialisation après ouverture, exposition et sur-culture. A titre illustratif, je pense aux célèbres lacustres, Miengu et Jengu pour les Sawa au Cameroun, Mami-water pour les peules de l’Afrique Centrale ou pour le reste du monde, les sirènes et tritons. A l’instant, je pense aux célèbres chant des sirènes du triangle des Bermudes et la disparition des bateaux.
L’amplitude des son et vibrations, relatifs au célébrissime chant des lacustres, est une arme de guerre. La force spirituelle qui s’y dégage vise à marquer l’esprit et prouver à tous, que nul besoin d’armes à feux, des armes ultra-technologiques pour défendre son patrimoine ; la hargne de nos ancêtres et la résistance lors de la période du maquis, sont une illustration parfaite de cette résilience.
- La puissance de nos écorces et herbes.
Dans le premier volet, l’iboga et ses propriétés hallucinogènes, permettant de faire des voyages astraux durant et après la reconstruction spirituelle des malades. Dans le deuxième volet, l’Aloes Vera est mise à l’honneur car elle joue un grand rôle dans la synthétisation de la molécule permettant à Shuri de faire le voyage et rencontrer son cousin décédé.
J’avoue émettre des doutes sur cette possible éventualité même si je comprends que l’équipe de Wakanda est au fait de certaines avancées spirituelles et autres, en Afrique.
- L’importance et la puissance des ancêtres dans la société africaine.
Dans cette séquence, la célébrissime citation de Birago DIOP, prend tout son sens. Shuri qui doit passer une épreuve, celle de synthétiser une puissance visant de voir les ancêtres, un honneur, une bénédiction. Ici, il est question du passage de Shuri de la vie de petite fille à celle d’adulte. Il n’est pas question de force physique mais plutôt de sagesse, différente de l’intelligence (relative à la connaissance acquise sur les bancs). Shuri doit confirmer aux yeux de tous, qu’elle est digne de succéder à son frère et accéder au statu de BLACK PANTHER.
Pour les profanes, en Afrique, la circoncision qui en plus du rapport esthétique, permettait aux candidats de prouver à la société qu’ils pouvaient supporter les douleurs physique et interne, et étaient dignes d’accéder au statu ultime d’Homme. Dans certaines contrées en Afrique, l’excision qui est aujourd’hui un crime contre l’humanité était et est, pour les femmes ce qu’est la circoncision aux hommes.
- Le rôle des ancêtres et notre introspection
Après réussite de l’examen de passage des ancêtres avec brio, au lieu de rencontrer son défunt père ou sa défunte mère, SHURI rencontre plutôt son feu cousin qui, à cet instant, est le miroir de sa conscience, de son état d’âme. Les ancêtres par le choix de son cousin, l’oblige à se faire face, faire face à l’image qu’elle renvoie à son entourage et aux différentes ondes qu’elle renvoie dans son environnement.
La rage et les choix qu’elle fait, à cet instant la déshonorent et l’éloignent des valeurs qui sont siennes. Heureusement qu’elle se ressaisit et fait passer l’intérêt commun au premier plan, comprenant qu’elle ne s’appartient plus mais à toute la société.
L’accès à la deuxième partie, est possible en cliquant sur le lien suivant : https://sambasaphir.fr/ss_actualite/wakanda-forever-part-2/